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Juridique et Cgt.

Juridique et Cgt.

En général, le juridique, les retraités, la Cgt, les transports urbains et autres transports dans les Alpes Maritimes.


Jeunes : priorité syndicale

Publié par cgtst2n sur 17 Juin 2010, 15:10pm

Catégories : #La Cgt

                            Jeunes : priorité syndicale

 

 

Ils ont toute leur place dans la CGT. Mais encore faut-il les convaincre pour qu’ils adhèrent. En commençant par être à l’écoute de leurs attentes.

Un article de Cyrielle Blaire

C’est indiscutable. La CGT, comme les autres centrales syndicales, prend un sérieux coup de vieux. D’ici dix ans, un militant sur deux sera parti en retraite. Et la relève ne suit pas. Seuls 3% des nouveaux syndiqués ayant adhéré depuis le début de l’année à la CGT avaient moins de 26 ans. Les sondages soulignent pourtant que les syndicats ont la cote chez les jeunes : 68% disent avoir une bonne opinion à leur égard (BVA, 2008) ! Et les manifestations anti-CPE ont fait la démonstration que la jeunesse était prête à s’engager massivement dans des combats auxquels elle croit. Pourquoi alors les jeunes salariés ne franchissent-ils pas le pas de la syndicalisation ?

Un premier élément de réponse tient à la précarité des jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. « Ils se disent qu’ils adhéreront quand ils auront trouvé un emploi durable », résume la politologue Sophie Béroud. Sauf qu’entre les stages, les missions d’intérim et les CDD à répétition, cette stabilisation peut prend re des années. Mais cette insécurité n’est pas la seule explication. Le décalage générationnel est aussi en cause. « Le jargon des dirigeants et leur éducation politique, leur rapport à la communication les éloignent des jeunes, avance le sociologue Michel Vakaloulis. À la CGT, on parle “d’axes revendicatifs centraux”, mais les jeunes préfèrent se mobiliser sur un “ projet” ! ».


Le syndicat ne parle à l’évidence pas le même langage que la jeunesse. « Quand ils lisent nos tracts, ils nous disent : ça nous intéresse mais on ne comprend rien », pointe Yucel Basarslan, secrétaire de la Fédération du commerce.
L’intérêt est bel et bien là. Sous conditions. Car la nouvelle génération n’est pas disposée à entrer en « religion » . « Ils ont peur d’être formatés et se méfient de la “ligne” ou de l’idéologie. S’ils adhèrent, ce n’est pas non plus pour se sacrifier ou faire de la figuration mais dans une visée d’autoréalisation !  affirme Michel Vakaloulis.

Les syndicats doivent aussi être audibles sur des sujets sociétaux qui interpellent ou concernent directement la jeunesse. Comme le racisme, la guerre ou l’écologie… « Nous ne devons pas hésiter à nous attaquer à des champs en marge du travail salarié que sont les stages, le logement et les modes de garde. Les collectifs Génération précaire ou Jeudi noir l’ont fait. Pourquoi pas nous avec notre force de mobilisation ? », insiste Fabrice Hallais du collectif jeunes diplômés de l’Ugict (cadres). « Et il faut que nous allions à la rencontre des jeunes sur les forums emploi et dans les universités ».
Car les jeunes, sous-informés sur leurs droits, attendent que l’on aille vers eux, et pas le contraire. « Des jeunes cadres nous disent qu’ils aimeraient bien se syndiquer mais qu’on ne leur a jamais proposé  », note Caroline Blanchot, du collectif jeunes diplômés de l’Ugict.

Une interview d’Agnès Naton, secrétaire de la CGT

Pourquoi la syndicalisation des jeunes est-elle une priorité pour la CGT ?
Pour deux raisons essentielles.D’abord parce que les jeunes sont en mal d’avenir, ils ont le sentiment de ne pas pouvoir intégrer la société par le travail, de cumuler toutes les formes de précarité. Les diplômés ne trouvent pas d’emploi de qualité et la société a accepté l’idée que ceux qui étaient les moins qualifiés devaient continuer à galérer. D’autre part , la jeunesse constitue un véritable enjeu de survie pour le syndicalisme salarié : en 2010, 100 000 de nos adhérents seront partis en retraite, et 200 000 d’ici sept ans. Les 18-30 ans ne constituent que 2% des adhérents à la CGT et on observe la même tendance dans les autres centrales syndicales.

Pourquoi la CGT ne progresse-t-elle pas chez les jeunes ?
Contrairement aux partis politiques, les jeunes ont une image positive des syndicats. Près de 47 % se disent prêts à se syndiquer. Les dernières enquêtes d’opinion témoignent de leur confiance pour la CGT et ses valeurs. Toutefois,ils perçoivent le syndicat comme le privilège de ceux qui ont un emploi. Les jeunes sont dans une position d’extériorité, qu’ils ne quittent plus avec l’âge. Dans le passé, une fois installé dans la vie active, la perception du syndicat changeait. L’adhésion était alors plus facile. Aujourd’hui certains salariés traînent durant toute leur existence le poids des conditions dans lesquelles ils se sont « casés » sur le marché du travail après des années de chômage, de précarité d’emploi. Si le syndicat ne prend pas en compte cette réalité, le décalage entre les jeunes et le syndicalisme peut perdurer très longtemps,même quand les jeunes ne sont plus jeunes.

Comment s’adapter alors pour répondre à cet enjeu ?
En allant à leur rencontre. Nous avons besoin de mieux comprendre leurs attentes, leurs préoccupations. Il faut nous intéresser aussi aux nouvelles formes d’engagement, au caractère concret des projets et des mobilisations, à la place de l’individu dans le collectif, aux outils de communication… Il nous faut travailler avec eux aux évolutions à opérer dans la CGT : l’accueil dans l’entreprise, les dispositifs pour la continuité syndicale en raison de la mobilité professionnelle et géographique, la structuration et les formes d’organisation du syndicat…

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