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Juridique et Cgt.

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En général, le juridique, les retraités, la Cgt, les transports urbains et autres transports dans les Alpes Maritimes.


Accord CDI intérimaire : la CGT dénonce un « marché de dupes »

Publié par cgtst2n sur 15 Juillet 2013, 15:44pm

Catégories : #La Cgt

Jeudi 11 juillet, trois syndicats (la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC) et le patronat ont signé un accord qui crée un CDI intérimaire.
La CGT et FO, présentes lors des débats, ont refusé de signer le texte.
Alain Wagmann, secrétaire de l'Union syndicale de l'intérim - CGT (USI-CGT) et  négociateur lors des discussions, revient sur les motivations de ce refus.

Pourquoi la CGT a refusé de signer l’accord sur l’intérim, qui crée un CDI intérimaire, alors que le syndicat militait pour l’instauration de ce contrat ?

Alain Wagmann. La CGT n’a pas signé parce que le compte n’y est pas. Prism’Emploi, l’organisation patronale de l’intérim, était obligé de trouver un accord avec les organisations syndicales sinon il aurait fait face à une surcotisation [une augmentation des cotisations salariales, ndlr], de l’ordre de 300 millions d’euros. Là on se retrouve avec un effort financier de la part du patronat d’environ 60 millions d’euros. Les boîtes d’intérim économisent plus de 200 millions d’euros avec cet accord !

Avec cet accord, certains intérimaires vont pouvoir bénéficier d’un CDI. C’est une avancée ?

Alain Wagmann. Le CDI intérimaire va concerner 20 000 salariés. Pas les intérimaires extrêmement précarisés, mais les travailleurs qui sont déjà à temps plein. Ces travailleurs représentent 15 à 20 % des intérimaires, soit au bas mot 300 000 personnes. Des intérimaires qui travaillent plus de 1500 heures par an, on en rencontre plein. Autant dire que le CDI intérimaire existait déjà. Sauf qu’avec cet accord, ils vont perdre les 10 % de prime de fin de mission. C’est un marché de dupes. Mais il faut bien préciser que nous ne sommes pas contre le CDI intérimaire, mais contre cet accord qui ne touche que trop peu de monde. Si l’accord avait concerné 100 000 ou 200 000 intérimaires, là ok, il y aurait eu un réel effort de la part du patronat et peut-être que nous l’aurions signé.

L’autre point, l’allongement de la durée annuelle d’emploi, va permettre à 80 000 intérimaires de travailler plus, une mesure qui ne satisfait pas la CGT.

Alain Wagmann. Pour pouvoir bénéficier de cette mesure, l’intérimaire devra se porter volontaire puis être sélectionné par les agences d’intérim. Tout le monde n’y aura donc pas accès. En plus, l’ANI – que nous n’avons pas signé – prévoyait que cet allongement atteigne 1200 heures par an, contre 800 actuellement. L’accord signé n’autorise que jusqu’à 840 heures. On n’arrive même pas aux chiffres de l’ANI !

Selon vous, les autres syndicats ont eu tort de signer ?

Alain Wagmann. Cet accord ne s’attaque en rien aux intérimaires les plus fragiles, qui sont d’une part les salariés seniors, qui se voient proposer de moins en moins de missions après 45 ans, et les salariés qui sortent de l’école. Plutôt que de signer un accord a minima, on aurait préféré que les agences d’intérim payent l’augmentation des cotisations salariales. L’argent aurait permis d’améliorer les comptes négatifs de l’assurance-chômage. On ne comprend même pas pourquoi les autres organisations ont signé.

 

Les principaux points de l’accord :

La création d’un CDI intérimaire, avec les mêmes règles que pour un CDI « classique », mais :

  • Réservé aux intérimaires convoités (par exemple, dans l’informatique) ;
  • Les agences s’engagent à signer 20 000 contrats de ce type d’ici 3 ans ;
  • Lorsqu'un intérimaire n’est pas en mission, il touche le smic ou 1,25 fois le smic s’il s’agit d’un cadre.

En échange, les intérimaires :

  • Sont tenus d’accepter toute mission dans les limites de mobilité, de poste et de salaire fixées dans leur contrat ;
  • Renoncent à leurs indemnités de fin de mission (10 % des salaires perçus).

Autre point, les agences d’intérim s’engagent à augmenter de 40 heures la durée annuelle d’emploi pour 80 000 intérimaires sélectionnés. Le coût de cette mesure (de 60 à 70 millions d’euros) sera  supporté par un fonds de sécurisation des parcours. Il sera financé par les indemnités de fin de mission des intérimaires en CDI et une cotisation de 0,5 % de la part des agences d’intérim.

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