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Juridique et Cgt.

Juridique et Cgt.

En général, le juridique, les retraités, la Cgt, les transports urbains et autres transports dans les Alpes Maritimes.


L'avenir de la santé au travail

Publié par cgtst2n sur 2 Mai 2011, 21:09pm

Catégories : #Interprofessionnel


Le 28/04/2011 à 20:02 - Mis à jour le 02/05/2011 à 11:07 "Les employeurs cherchent à contrôler les services de santé au travail" © DR Un salarié de France Télécom qui s'immole par le feu, un cadre dirigeant du laboratoire Biogaran qui se jette sous un train… le stress au travail est toujours aussi prégnant dans les entreprises, malgré les accords de prévention initiés par le gouvernement. "La santé des salariés est en danger", alerte le docteur Bernard Salengro, médecin du travail, secrétaire national de la CFE-CGC, qui dénonce le lobbying patronal. Capital.fr : En un an, seuls 234 accords de prévention du stress ont été avalisés par le Ministère du Travail. Est-ce un bon début ? Bernard Salengro : Ce n'est que de la poudre aux yeux ! D'abord, ces accords sont négociés par chaque entreprise par un comité de pilotage sans impliquer le CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Ensuite, le stress n'est toujours pas reconnu comme une maladie professionnelle, comme en Suède ou en Belgique. Chaque année, une soixantaine de suicides sont déclarés en accident du travail, alors qu'au moins trois fois plus de salariés se donnent la mort chaque année. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, l'Hexagone est le troisième pays en Europe où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses. Cela ne changera pas tant qu'il n'y aura pas de contraintes financières sur les entreprises. Capital.fr : Les chiffres des accidents du travail ne sont pas plus brillants ? Bernard Salengro : Effectivement. La Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) recense 650.000 accidents du travail par an. C'est un mauvais résultat d'autant que le nombre d'emplois industriels naturellement plus exposés diminue. Parallèlement, les maladies professionnelles suivent une courbe ascendante. Plus de 45.000 salariés sont concernés par an, dont plus de la moitié pour des troubles musculo-squelettiques (TMS). Capital.fr : Un décret du ministère du Travail prévoit de faire évoluer les critères pour faire reconnaître les pathologies articulaires en maladie professionnelle. Quelle est la position de la CFE-CGC ? Bernard Salengro : Nous y sommes totalement opposés car cela risque de réduire artificiellement le nombre de TMS, ce qui entraînerait la fin de la prévention dans les entreprises. Par exemple, un salarié devra prouver qu'il est resté plus de 2h30 par jour les bras en l'air à plus de 60 degrés durant au mois 6 mois pour espèrer voir une pathologie de l'épaule reconnue en maladie professionnelle. En prime, l'Etat est en train de couper les vivre de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), qui met à la disposition des employeurs des experts de la prévention. Capital.fr : Pourquoi l'Etat diminue-t-il les moyens des services de santé au travail ? Bernard Salengro : Les employeurs exercent un lobbying auprès du gouvernement pour alléger une facture qui menace d'exploser. Les entreprises payent en effet un malus à la Sécurité sociale compris entre 1% et 8% de leur masse salariale en fonction du nombre de pathologies reconnues en maladies professionnelles. Au final, le perdant risque d'être le salarié : en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, il touche 100% de leur salaire net contre seulement 66% lors d'un arrêt maladie classique. Capital.fr : La réforme actuelle de la médecine du travail permettra-t-elle d'améliorer la situation ? Bernard Salengro : Au contraire, les chefs d'entreprise cherchent à contrôler les services de santé au travail. L'amendement 730 de la réforme des retraites prévoyait de supprimer les médecins spécialisés en les remplaçant par des infirmières ou des ergonomes sous la tutelle des employeurs et d'espacer les visites tous les 4 ans. Heureusement, le Conseil constitutionnel a abrogé ces articles. Mais le Sénat vient de les remettre sur la table. Les députés vont devoir trancher.

Capital.fr : La position des médecins du travail n'est-elle pas déjà ambigüe ? Bernard Salengro : Les grandes entreprises salarient leur propre médecin du travail. Certes pour éviter les pressions éventuelles, le médecin ne peut être licencié sans l'accord des représentants du personnel et de l'inspection du travail, mais le conflit d'intérêts est évident. Quant aux PME, elles passent par des associations inter-entreprises qui fèdèrent plusieurs médecins. Mais leurs liens avec les syndicats patronats sont opaques, et leur gestion financière parfois douteuse.

 

Propos recueillis par Sandrine Chauvin ©

 

Capital.fr Ci dessous l'article à lire sur l'avenir de la santé au travail même Capital en parle.

 

http://www.capital.fr/carriere-management/interviews/les-employeurs-cherchent-a-controler-les-services-de-sante-au-travail-594383

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