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Juridique et Cgt.

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En général, le juridique, les retraités, la Cgt, les transports urbains et autres transports dans les Alpes Maritimes.


SCOP-TI, la solidarité ne se tasse pas

Publié par Cgt-Juridique sur 24 Avril 2018, 15:18pm

Catégories : #Soutiens

 


1336. Le chiffre évoque la lutte victorieuse des Fralib en 2014. Depuis, les 43 salariés coopérateurs de la Scop-Ti consolident la reprise de leur outil de travail. Reste à transformer l’essai. Les retraités y contribuent.

La solidarité s’exprime avec force, notamment chez les retraités, pour soutenir une expérience où l’humain est aux premières loges. Partout où c’est possible, les associations solidaires des Fralib se sont organisées pour faire connaître et vendre les thés et infusions produits par l’usine de Gémenos. « C’est le cas de l’Association Fraliberthé Solidarité 66 qui bat les records d’initiatives », nous a confirmé Gérard Cazorla, président de la société Scop-Ti et ancien délégué syndical CGT de l’entreprise.

Est-ce dire que tout va bien dans le meilleur des mondes ? « Certainement pas. Et ce pour une raison essentielle : la mauvaise volonté des banques et les lois féroces du marché mondialisé de la vente alimentaire vont à l’encontre d’une expérience qui n’est pas faite pour faire du profit », nous explique Gérard. Il poursuit : « Les coopérateurs de Scop-Ti se sont engagés dans une voie difficile, certes, mais originale qui sert, sinon de modèle, au moins d’exemple encourageant pour le mouvement social qui se bat, avec la Cgt, mais bien au-delà. »

Vers la grande distribution

Le président de la Scop-Ti ne cache rien. « Il reste encore beaucoup à faire pour permettre à l’entreprise de pérenniser ses emplois et son activité. Pas question de dormir sur un édredon de camomille. L’année 2018 sera décisive », nous lance-t-il. « Il faudra encore doubler le chiffre d’affaires, produire nettement plus dans l’année qui vient et faire avancer notre distribution. »

Le titre d’un article du Parisien du 4 août 2017 est évocateur : « La Scop des Fralib boit la tasse… ». Cela veut-il dire que le marché de l’alimentaire concentré sur les grandes surfaces n’acceptera jamais des moutons noirs qui risqueraient de « polluer » ses règles du jeu ? Dans un sens oui, mais la réalité imposée par la Scop-Ti, aujourd’hui seconde usine de fabrication de thé en France, ne peut désormais pas être contournée.

Ils tiennent la barre

Des ouvriers ont prouvé qu’ils pouvaient reprendre eux-mêmes un outil industriel voué à la casse par un groupe financier qui produit du thé comme il produirait du papier toilette ou du vernis à ongle, à moindre coût et en le revendant le plus cher possible au client-roi. Mais ils ont fait plus encore. Ils se sont imposé une discipline, l’autogestion, la responsabilité collective partagée obligeant chacun à prendre sa part de risque dans le défi commun de l’entreprise, avec la rigueur du contrôle qualité et l’option « bio » en première ligne. C’est aussi la volonté collective de montrer que « ÇA MARCHE ! », encourageant ainsi toutes celles et ceux qui luttent dans les entreprises pour sauvegarder leur outil de travail, quelle que soit leur activité.

Et cela demande du débat, de la formation, de la confrontation, dans un esprit où rien n’est imposé d’en haut et décidé dans un cadre où chacun compte pour un. L’échelle des salaires va de 1600 euros, 13e mois compris, à 2000 euros nets, chacun étant reconnu pour son niveau de qualification. Un tel exemple d’échelle ferait bondir les parachutistes dorés de la caste des PDG version Thierry Morin de Valéo, mais c’est ainsi. Nos amis de Scop-Ti sont des défricheurs du rêve des partageux, qu’on se le dise !


Yvon Huet

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