Parlons du temps de travail
La question du temps de travail s’est invitée sur le devant de la scène médiatique par le biais d’une posture politique de précampagne présidentielle.
Les 35 heures, seraient la cause de l’effondrement
économique de la France. Pourtant, bon nombre de
personnalités politiques et experts en économie, nous
ont expliqué que la France s’en est plutôt mieux sortie
dans cette période de crise que les autres pays européens grâce notamment à son système social.
Pas une seule de ces personnalités n’a pointé les 35 heures comme source d’aggravation de la crise.
Pourquoi maintenant ?
Pour la CGT, le problème n’est pas tant que cette question revienne dans les débats, mais qu’il y ait autant de propos pour le moins approximatifs tenus sur les plateaux de télévisions radios et journaux :
Confusion entre le temps de travail hebdomadaire et
l’annualisation du temps de travail. Confusion entre le
droit français et le droit européen. Confusion de ce qui relève du temps de travail, confusion entre la modulation du temps de travail et les dépassements ouvrant droit au paiement d’heures supplémentaires…
A y regarder de plus près, la question des 35 Heures
n’est vraiment pas le problème. Ce qui pose problème
aujourd’hui c’est la façon dont on utilise ou pas les
35 Heures pour faire passer toute une série de mesures
plus néfastes les unes que les autres pour les salariés :
• C’est l’absence de créations d’emplois en compensation
de la diminution de 39 heures à 35 heures,
• C’est le scandale de la mise en place de la modulation
(basse et haute) qui permet aux entreprises de lisser sur l’année leur charge de travail, sans recourir aux heures supplémentaires, mais en désorganisant la santé et la vie familiale des salariés !
• C’est l’explosion des temps partiels, des contrats
atypiques de quelques heures, avec des salariés qui voudraient bien travailler au moins 35 heures,
• C’est le forfait jour.
• C’est le travail du dimanche.
• C’est la journée de solidarité.
• C’est le salaire horaire minimum trop faible.
Sommaire
_ Temps de travail. Modèles de lettre.
_ Renouvellement du Conseil supérieur de la prud’homie.
Ce bulletin est diffusé par mail.
_ Merci d’en assurer la diffusion auprès des militant- intéréssé.
_ Pour le recevoir directement faites connaître votre mail au Collectif DLAJ en précisant vos responsabilités syndicales.
• C’est la défiscalisation des heures supplémentaires.
On comprend pourquoi le Medef ne se précipite pas tant
que cela pour remettre en cause les 35 heures. Bon nombre de chefs d’entreprises et des plus importants ne
tiennent pas à remettre en cause cette nouvelle organisation du travail. Ce serait ouvrir une boite de Pandore, bien trop risquée !
D’autant que dans les derniers décrets portant sur le
temps de travail, la part belle était faite à la flexibilité
du travail au seul profit des entreprises. C’est ce que
met en lumière le dossier réalisé par Michel, portant sur
la condamnation de la France par le Comité Européen des
Droits Sociaux sur les questions du forfait jour et des
périodes d’astreinte.
Il y a ceux qui agitent les 35 heures comme un étendard
de campagne électorale et il y a ceux qui mènent les
vrais combats contre les abus réels en matière de temps
de travail jusqu’à saisir le Conseil de l’Europe comme l’a
fait la CGT.
Nous pourrions également parler des nombreux litiges
portant sur les questions du paiement des temps de
pause, notamment dans le secteur du commerce.
Pour l’heure, cette note invite les organisations de la
CGT et plus largement toutes celles et tous ceux qui
veulent s’occuper concrètement du temps de travail à
agir pour renégocier les accords d’entreprise liés aux
forfaits jours et/ou aux astreintes.
C’est peut-être aussi l’occasion de remettre sur la table
des négociations certains accords sur l’annualisation.
Jean-Pierre GABRIEL
Responsable du Collectif confédéral DLAJ