Bus Tranway, les riverains ont ils trop de pouvoirs?
Un conducteur de bus monte au créneau. Pascal Delire, secrétaire à la politique syndicale CGT à la ST2N, déplore l'ingérence de comités de quartier dans le débat sur les transports, au détriment, selon lui, de l'intérêt des usagers. « C'est un comble pour un syndicat de se retrouver à défendre les passagers, reconnaît ce chauffeur de bus. Mais il faut que la politique des transports urbains, avec laquelle nous sommes en phase, garde un cap cohérent. Nous sommes favorables au tarif à 1 euro mis en place par la ville, à l'augmentation de l'offre tram et bus. Mais, les habitants n'ont pas à prendre en otage la clientèle ». Quelles lignes ont été modifiées sous la pression des riverains ? Aujourd'hui, la gare SNCF n'est plus desservie par le 23 en venant de l'aéroport. Les habitants de la rue Assalit se sont mobilisés contre le passage des bus en bas de chez eux. Un autre itinéraire avait été trouvé. Mais, rue Gounod, il a fallu faire marche arrière parce que les habitants sont descendus dans la rue pour bloquer la ligne. C'était il y a un an. Mais aujourd'hui, aucune solution n'a été trouvée. Du coup, le 23 poursuit son chemin bd Gambetta. Une récente enquête de satisfaction révèle que 1000 voyageurs chaque jour sont pénalisés par cette situation. A Cimiez, les lignes 22 et 15 devaient être restructurées de façon à rendre plus efficace la desserte du quartier. Mais, là encore, des riverains ont obtenu gain de cause. Plus récemment c'est ceux de la rue Arson. Qu'ont-ils obtenu à Arson ? Demain, la ligne 2 du tramway, qui acheminera 120 000 à 140 000 passagers par jour s'arrêtera au Port. A cause d'une levée de boucliers de commerçants. Le schéma initial prévoyait un terminus à Riquier et une connexion avec la gare SNCF. C'était beaucoup plus cohérent. Là, on aura une rupture de charge au Port. Les passagers devront quitter le tram et attendre un bus 10 minutes pour remonter vers Riquier. Et demain, quel autre comité va faire barrage aux transports en commun ? Estimez-vous que les riverains n'ont pas voix au chapitre ? Non, évidemment. Même si je m'interroge sur la représentativité de certains porte-parole. Mais on ne peut pas priver des habitants d'un quartier d'une desserte parce qu'en amont de la ligne, il y a des riverains plus virulents. Si on prend l'exemple des bus 9-10, ils sont articulés et très réguliers. Et lorsque la fréquence a été accrue, il n'y a pas eu de problème. S'il y a des nuisances, elles peuvent être réduites par des revêtements adaptés dans les couloirs de bus. Le recours à des cars plus silencieux. L'idéal serait d'associer les riverains plus en amont. Alain Philip : « Nous avons une politique cohérente au service de la population » L'offre de transport en commun tram et bus est cohérente, et elle est au service de la population, » insiste Alain Philip. Et l'adjoint au maire de rappeler le nécessaire arbitrage entre les usagers et les riverains. « Nous sommes en démocratie et donc à l'écoute des habitants. » Point par point Alain Philip répond aux interrogations de Pascal Delire. La pression des riverains. « En aucun cas on ne peut définir une politique des transports et avoir une vision globale en fluctuant en fonction des prises de position des uns et des autres. » La future ligne 2. « La décision d'arrêter le tramway au Port, n'a absolument rien à voir avec les pour et contre des riverains. Effectivement, le schéma initial prévoyait une Ligne 2 jusqu'à Riquier. Mais nous avons mené entre-temps des études précises. Elles ont montré que l'intermodalité n'était pas importante à Riquier. La ligne 1 dessert Saint-Jean d'Angély qui se situe juste à côté de la gare de Riquier. » Qui a voix au chapitre ? « Nous avons des réunions très régulières avec la société ST2N et les représentants syndicaux pour faire le point. On travaille en bonne intelligence y compris sur les choix en matière de transport. Ensemble nous réglons également des problèmes ponctuels. Par ailleurs, nous sommes à l'écoute des habitants. Quand des bus passent devant chez eux, ils ont une légitimité à nous dire s'il y a des nuisances. » Une politique cohérente « En matière de transports en commun, il y a une logique de performance et de fiabilité au service des usagers. Mais, évidemment, on tient compte des remontées des riverains. On ne peut pas tout anticiper. On regarde les populations desservies et comment ça fonctionne avec les conducteurs et les habitants. Là où c'est nécessaire, nous procédons à des ajustements. Notre objectif est de rester le plus cohérent possible. » Source Nice-Matin du 22/02/2011
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